"Dans la confusion de notre époque,quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie,
il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères..."
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 17 janvier 2017

Mardi de la Trente-et-Unième Semaine après la Pentecôte




Luc 10:1-15


Y aura-t-il une semblable indulgence dans l'autre monde pour ceux qui n'acceptent pas le Seigneur comme Il a montré de l'indulgence envers ceux qui vivaient sur cette terre? Non. Envoyant les "septante" pour prêcher, le Seigneur leur avait ordonné, que, quand ils ne seraient pas reçus, ils disent à la croisée des chemins: Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s'est attachée à nos pieds; sachez cependant que le royaume de Dieu s'est approché. Autrement dit, nous n'avons besoin de rien venant de vous, ce n'est pas par intérêt que nous marchons et prêchons, mais pour la proclamation vers vous de la paix et du Royaume de Dieu. 

Si vous ne souhaitez pas recevoir ce bien, comme vous le voulez, nous continuerons [ailleurs]. Ainsi, cela fut-il ordonné pour ce temps, mais comment sera-ce à l'avenir? [...]au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là. Par conséquent, il est inutile pour les incroyants d'espérer en l'indulgence du Seigneur.

Tandis qu'ils sont sur la terre ils ne font que ce qu'ils veulent, mais dès que la mort vient, toute la tempête de l'ire de Dieu viendra sur eux. C'est grand malheur d'être comme les incroyants! Ils n'ont même pas la joie sur terre, parce que sans Dieu et sans le Seigneur Jésus-Christ, Sauveur et Rédempteur, même ici, tout est triste et morne; ce qui adviendra alors est impossible à décrire en mots ou à imaginer. Il leur serait plus tolérable d'être détruits, mais même cela ne leur sera pas donné.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophane the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

lundi 16 janvier 2017

Lundi de la Trente -etUnième semaine après la Pentecôte



Matthieu 10:16-22

Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. Et avons-nous quelque chose à endurer? De cela personne n'est privé. L'arène de l'endurance de chacun est vaste, c'est pourquoi notre salut est à portée de main. Supporte tout jusques à la fin et tu seras sauvé. Toutefois, tu dois supporter habilement, sinon tu ne pourras pas gagner quelque chose par ton endurance. Tout d'abord, garde la sainte foi et mène une vie irréprochable selon la foi; purifie-toi immédiatement de tous les péchés qui se produisent avec la repentance. Deuxièmement, accepte tout ce que vous dois endurer comme venant de la main de Dieu, te souvenant fermement que rien n'arrive sans la volonté de Dieu. Troisièmement, rends grâces à Dieu sincèrement pour tout, croyant que tout ce qui procède du Seigneur est envoyé par Lui vers le bien de nos âmes remercions-le des épreuves, et des consolations. Quatrièmement aime l'affliction, pour son mérite de salut et cultive une grande soif d'elle, comme une boisson qui, bien amère, apporte la guérison. Cinquièmement, garde dans tes pensées que quand un malheur est arrivé, tu ne peux pas le rejeter, comme des vêtements trop justes, tu dois le supporter. Que ce soit dans un sens chrétien, ou d'une manière non-chrétienne, tu dois le supporter néanmoins, il est donc préférable de le supporter d'une manière chrétienne. Se plaindre ne vous sauvera pas du malheur, mais le rendra seulement plus lourd, tandis que l'humble soumission à la Providence de Dieu et la bonne humeur allégeront le fardeau de malheurs. En sixième lieu, rends-toi compte que tu mérites même un plus grand malheur, rends-toi compte que si le Seigneur avait voulu te traiter comme tu le méritais à juste titre, serait un tel petit malheur serait-il vraiment suffisant? Septièmement,  prie surtout, et le Seigneur miséricordieux te donnera la force d'esprit. Avec une telle force, d'autres seront émerveillés par tes malheurs qui semblent n'être rien pour toi.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St Herman of Alaska,
Platina, CA
USA
2010
+

dimanche 15 janvier 2017

Dimanche de la Trentième Semaine après la Pentecôte




II Timothée 4:5-8, Marc 1:1-8

Avant l'apparition du Seigneur au peuple, avant qu'il ne commence le travail de Divine économie* de notre salut, Saint Jean le Précurseur a été envoyé à préparer les gens à le recevoir. Cette préparation a consisté en un appel à la repentance. Depuis lors, la repentance est devenue le chemin vers le Seigneur et Sauveur, et le seuil de la foi en Lui. 


Le Sauveur lui-même a commencé Sa prédication par les mots: Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle (Marc 1:15). La repentance et la foi amènent une personne qui cherche le salut à faire des allers et retours entre ces deux états. Le repentir l'écrase sous le fardeau de ses péchés et lui fait peur avec le jugement impartial de la justice de Dieu. Mais la foi arrive et lui montre le Libérateur qui a ôté les péchés du monde. 


Celui qui se repent, il s'attache au Libérateur, et déposant le fardeau de ses péchés par la confession, cours joyeusement après lui sur la voie de Ses commandements. La foi de telle manière est née de la repentance et elle est fondée sur elle. Celui qui se repent tient fermement à la foi selon son sentiment de délivrance. La foi est vivante par la repentance. Sans la foi, la repentance serait comme un arbrisseau qui est sans courant vivifiant [pour l'irriguer]: fané et ne donnant pas de vie.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

* Tout au long de ce livre, le mot russe, domostroitelstvo, sera traduit par "économie Divine", qui se réfère à l'intendance de Dieu, la supervision de notre salut, comme un intendant supervise un ménage. La quintessence de l'économie Divine de Dieu est l'incarnation du Christ et du salut par Lui.

samedi 14 janvier 2017

Circoncision du Seigneur


Colossiens 2:8-12 et Luc 2:20-21, 40-62


Puisque le Nouvel An est le début de l'époque de l'année, nous devons rassembler dans notre âme ces pensées, sentiments et dispositions qui dirigeront nos affaires tout au long de l'année d'une manière chrétienne. Nous trouverons ceci au moment où nous aurons à l'esprit ce que le Jour de l'An est dans la vie spirituelle. Dans la vie spirituelle, le Jour de l'An, c'est quand celui qui a vécu avec négligence devient zélé pour le salut et pour plaire à Dieu. Quand on prend cette résolution, alors tout est reconstruit à nouveau à la fois intérieurement et extérieurement, sur de nouveaux commencements, les anciens meurent et tout est nouveau. Si vous avez ce sentiment, renouvelez-le, sinon, acquerrez-le et pour vous ce sera le Jour de l'An.

Une célébration digne de la fête de la Circoncision du Seigneur et de la commémoration de Saint Basile le Grand y sont également liées. L'essence de ce changement dont nous avons parlé est que la personne commence à partir de ce moment à vivre uniquement pour Dieu, pour son salut; alors qu'auparavant elle vivait exclusivement pour elle-même, pour la préparation de la destruction d'elle-même. Maintenant, elle abandonne ses anciennes habitudes, tous les conforts et tous ce en quoi elle se plaisait, elle éradique les passions et les dispositions lascives et entreprend des œuvres de stricte abnégation. 

Un tel changement représente précisément ce que, selon l'Apôtre, la circoncision du cœur doit être. La célébration de la circoncision du Seigneur nous le rappelle et nous oblige à le faire, tandis que Saint-Basile le Grand nous fournit un exemple à suivre. Donc, tous les thèmes qui fourmille dans notre conscience le jour du Nouvel An se réunissent en un seul, notre renouveau intérieur à travers la circoncision du cœur. 

Si cela plaît au Seigneur de donner à quelqu'un cet état d'esprit au Jour de l'An, c'est-à-dire, non seulement de penser de telle manière, mais aussi d'incarner tout cela dans sa vie-il célèbrera le Jour de l'An de la manière chrétienne la plus parfaite , et se préparera à passer toute l'année en chrétien. Le Jour de l'An suivant Nouvel il lui suffira de renouveler et d'animer ce qu'il a maintenant entrepris.

I Timothée 3:14-4:5; Matthieu 3:1-11


La maison de Dieu, qui est l'Eglise du Dieu vivant, la colonne et le fondement de la vérité (I Tim. 3:15). Par conséquent, il n'est pas nécessaire pour nous de regarder çà et là pour chercher où est la vérité. Elle est proche. Soyez dans l'Eglise, contenez tout ce qu'elle contient, et vous serez dans la vérité. Vous possèderez la vérité et vivrez par elle et en elle, et vous déborderez de vraie vie. 

La vérité n'existe pas en dehors de l'Eglise orthodoxe. Elle est le seul tuteur fidèle de tout ce qui a été ordonné par le Seigneur par les saints Apôtres, et elle est donc la véritable Eglise apostolique. Certains ont perdu l'Eglise apostolique, mais puisque leur conscience chrétienne leur dit que seule une Eglise apostolique peut vraiment préserver et montrer la vérité, ils ont décidé de faire une telle église, et ils l'ont faite, et ils l'ont appelé de ce nom. Ils pouvaient appeler cela l'Eglise apostolique, mais ils ne pouvaient pas transmettre lui l'essence de ce qu'elle devait être. Car l'Église apostolique a été créée en fonction de la bonne volonté du Père par le Seigneur et Sauveur, et par la grâce de l'Esprit Saint, par l'intermédiaire des Apôtres. 

Une telle église ne peut pas être créée par des gens. Ceux qui pensent qu'ils peuvent créer une telle église sont comme des enfants jouant avec des poupées. S'il n'y a pas de véritable Eglise apostolique sur la terre, il n'y a pas besoin de gaspiller l'effort de création pour cela. 

Mais grâces soient rendues au Seigneur, Il n'a pas permis aux portes de l'enfer de prévaloir sur la Sainte Eglise apostolique. Elle existe et restera, selon Sa promesse, jusques à la fin du monde. Cette église est notre Église orthodoxe. Gloire à Dieu!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

jeudi 12 janvier 2017

Jeudi de la trentième Semaine après la Pentecôte





Hébreux 10:35-11:7, Marc 11:27-33

Le Sauveur prouve qu'il a été envoyé du Ciel à travers le témoignage de Jean le Précurseur. Ils étaient silencieux, car il n'y avait rien à dire de contraire, mais ils ne crurent pas. Une autre fois, Il a prouvé la même chose par Ses actes, et ils ont pensé d'une manière déformée encore: [Il chasse les démons] par le prince des démons (Mt 9:34, 3:22 Mc.). Mais quand cette torsion a été prouvée tout à fait inappropriée, ils se turent à nouveau, mais néanmoins, ils ne crurent pas. 

Ainsi les incroyants ne croient pas, peu importe ce que vous dites, et comment vous prouvez de façon convaincante la vérité. Ils ne peuvent rien dire de contraire, alors que pourtant ils ne croient pas. On pourrait dire que leur esprit est paralysé, car ils raisonnent cependant de manière sensée à propos d'autres choses. 

Ce n'est que lorsque la question touche à la foi, qu'ils se troublent dans leurs concepts et leurs mots. Ils deviennent confus, quand ils présentent leurs perspectives en tant que substitut des principes de la foi donnée par Dieu. Là, leurs doutes soulèvent un tel obstacle que c'est comme une falaise abrupte. Si vous écoutez leur théorie jusques à la fin, vous verrez qu'un enfant peut comprendre que c'est une toile d'araignée, mais ils ne le voient pas.

Ô aveuglement incompréhensible! On peut expliquer l'obstination des infidèles comme ne voulant pas croire, mais d'où cela vient-il? D'où vient ce pouvoir qui fait qu'un homme sensé s'accroche consciemment  à une forme illogique de pensée? Ce sont les ténèbres. Cela ne vient-il pas du père des ténèbres?

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St Herman of Alaska,
Platina, 
CA
USA
2010+

mercredi 11 janvier 2017

Mercredi de la Trentième Semaine après la Pentecôte






Hébreux 10:1-18; Marc 1:23-28


Le démon loue le Sauveur, mais le Sauveur lui dit: Tais-toi, et sors de lui. Les démons ne disent jamais rien ou ne font rien avec un bon objectif, ils ont toujours quelque chose de mal dans l'esprit. Il en était ainsi ici. Le Seigneur, ne n'exposant pas leurs desseins rusés, en a décidé d'une parole: tais-toi et sors. Il ne voulait pas converser longtemps avec un esprit mauvais. Voici une leçon pour nous. Une personne parvient à faire très peu de quelque chose de bien avant qu'un démon ne soit assis à proximité et ne commence trompetter dans ses oreilles: "Tu es ceci et cela" N'écoute pas et n'entre pas en conversation avec ce flatteur, mais dis immédiatement de but en blanc: "Tais-toi et sors", et efface ses traces avec des soupirs et des auto-reproches, puis encense l'endroit où il se trouvait avec la prière de contrition. Il veut donner lieu à des opinions personnelles et à l'estime de soi, et attiser l'auto-louange et la vaine gloire à partir d'elles. Ces pensées et sentiments sont dans la vie spirituelle comme des voleurs dans la vie quotidienne. Comme des voleurs qui entrent dans une maison pour voler de les biens, de même ces démons, qui prennent racine dans une âme, détruisent tout ce qui est bon dans cette âme et le jettent au loin, de sorte qu'il ne reste rien que le Seigneur puisse louer plus tard.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St Herman of Alaska,
Platina, CA
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2010
+

mardi 10 janvier 2017

Mardi de la Trentième Semaine après la Pentecôte




Hébreux 9:8-10, 15-23; Marc 11: 11-23


   Le figuier couvert de feuilles était splendide en apparence, mais il n'a pas été honoré de l'approbation du Seigneur parce qu'il n'y avait pas de fruits sur lui, et il n'y avait pas de fruits parce qu'il n'y avait pas de pouvoir de donner des fruits en lui.

Combien de ces figuiers il y a dans le sens moral! En apparence, tout est bon, mais à l'intérieur il n'y a rien. Ils sont en bon ordre, honorables, et accomplissent tout ce qui est chrétien, mais ils n'ont pas l'esprit de vie en Jésus-Christ; ce qui est la raison pour laquelle ils ne disposent pas de fruits vivants. Et ce qui est en eux semble seulement être des fruits, mais ce n'en sont pas.

En quoi se trouve l'esprit de vie en Jésus-Christ? Pour cela, nous disons: une partie de ceci vient du Seigneur, et l'autre de nous. Ce qui vient du Seigneur est essentiellement le pouvoir spirituel de porter du fruit; ce qui vient de nous est seulement le réceptacle de ce pouvoir. Soyez plus concernés par ce dernier. La racine de tout cela, c'est le sentiment que vous périssez, et que s'il n'y avait pas le Seigneur, vous péririez. Pour cela, vous aurez un cœur brisé et humilié, dans tout ce que vous faites, tout au long de votre vie.

En outre, puisque l'avenir est inconnu, il y a beaucoup d'ennemis, et vous pouvez tomber à chaque instant, la peur et le tremblement accompagnant le salut, avec le cri incessant: " Ô Toi qui connais toutes choses, sauve-moi" Malheur à celui aussi qui se repose sur autre chose que le Seigneur; malheur à celui qui a travaillé pour autre chose que le Seigneur!

Demandez-vous, vous qui travaillez à des actes qui sont considérés comme agréables à Dieu, pour qui travaillez-vous? Si votre conscience répond hardiment: seulement pour le Seigneur-c'est bien; mais sinon, vous construisez une maison sur le sable. C'étaient quelques indications d'un esprit intérieur fertile. Vous pouvez comprendre beaucoup d'autres choses selon ces indications.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St Herman of Alaska,
Platina, CA
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2010
+

lundi 9 janvier 2017

Lundi de la Trentième Semaine après la Pentecôte




Hébreux 8:7-13; Marc 10:46-52

L'aveugle de Jéricho éleva sa voix quand il apprit que le Seigneur passait. Sa plainte a atteint le Seigneur; rien de ce qui entourait le Seigneur ne pouvait empêcher qu'Il entende, et le Seigneur appela l'aveugle et lui redonna la vue. 

A chaque fois, et en tout lieu le Seigneur ne fait pas que passer seulement, mais Il est là, Il gouverne le monde entier. Selon la pensée humaine, cela signifie qu'Il a beaucoup de charges, de plus, une multitude d'anges L'entourent de doxologies. Mais si tu es en mesure d'élever ta voix comme l'aveugle de Jéricho, rien n'empêchera ta plainte d'atteindre le Seigneur, Il entendra et Il exaucera ta prière. Cela ne dépend pas du Seigneur, Il est Lui-même proche, et tout ce qui est nécessaire pour toi est déjà préparé en Lui, maintenant tout ce qui manque, c'est toi. 

Parviens à élever ta voix pour que t'entende le Seigneur, et tu recevras tout immédiatement. Quelle est donc cette mesure? La foi, l'espérance, la dévotion à la volonté de Dieu. Mais même ces mesures ont leurs propres mesures. Que devraient donc être ces mesures? Demande à celui qui a prié et reçu ce qu'il demandait, il te dira: "J'ai prié pour ceci et pour cela, et j'ai reçu en fonction de ma demande, maintenant j'ai besoin de cela, je prie et je ne l'ai pas reçu, et je sais pourquoi: parce que je ne peux pas en aucun cas monter à cette mesure de prière que j'avais plus tôt." Il s'avère qu'il est impossible de déterminer cette mesure avec une précision littérale... 

Une seule chose est certainement vraie, cela dépend de nous, et non du Seigneur. Dès que tu atteins le point où tu es susceptible d'être accepté, tu recevras sans aucun doute.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

St Theophan the Recluse

Thoughts for each Day of the Year

St Herman of Alaska,

Platina, CA

USA

2010

+

dimanche 8 janvier 2017

Jean-Claude LARCHET: Recension: Saint Théophane le Reclus, « Lettres de direction spirituelle »


Pas de commentaire ce jour!
*



Saint Théophane le Reclus, Lettres de direction spirituelle. Traduit du russe par Anne Kichilov ; introduction de Bernard Le Caro, Éditions des Syrtes, Paris, 2014, 269 p.

Les éditions des Syrtes publient sous le titre Lettres de direction spirituelle un ouvrage du célèbre évêque et ascète russe saint Théophane le Reclus (1815-1894). Il s’agit à l’origine de lettres adressées à une jeune femme de la haute société russe, à travers lesquelles saint Théophane lui a enseigné progressivement la vie spirituelle, pour laquelle elle montrait des dispositions mais dont elle n’avait pas au départ de connaissance précise. L’ensemble présentant une suite cohérente, Théophane a réécrit ses lettres pour en faire une sorte de traité d’initiation à la vie spirituelle sous forme épistolaire, d’où le titre qui lui a été donné en russe: Qu’est ce que la vie spirituelle et comment y disposer son cœur? Ce livre a eu un grand succès en Russie où il a été publié la première fois en 1878 et a connu ensuite six éditions jusqu’à la Révolution.
Saint Théophane veut tout d’abord poser des bases anthropologiques; autant avertir tout de suite le lecteur que les quinze premières lettres où elles sont exposées n’entrent pas dans le vif du sujet et peuvent même paraître fastidieuses et sans intérêt, puisqu’elle reposent sur des catégories psychologiques et physiologiques de la fin du XIXe siècle qui paraissent aujourd’hui très datées.
C’est à partir de la lettre XVI que Théophane déploie son exposé de la vie spirituelle, abordant pédagogiquement ses différentes étapes et ses divers aspects. Sont ainsi successivement traités, dans un style simple et vivant, les thèmes suivants: le vrai but de la vie présente; l’Unique nécessaire; le péché originel; le dérèglement dans la nature de l'homme; la nécessité de l'union avec Dieu; le relèvement rédempteur de l'homme tombé; le zèle spirituel; le renouveau et la purification de soi-même; l’action cachée de la grâce; la concentration intérieure; la patience et la constance; comment soutenir l'aspiration initiale; la préparation à la sainte communion; la préparation à la confession; les dispositions du cœur; le mystère du repentir et la communion; comment être en harmonie avec la volonté de Dieu; comment l’ennemi essaye de nous égarer; les différentes causes du refroidissement spirituel; le souvenir constant de Dieu; la paix intérieure; la prière sans distraction; comment faire jaillir en soi le souvenir incessant de Dieu; comment transformer le fardeau de la vie en profit spirituel; brûler d’amour pour Dieu; les passions comme obstacle à l'esprit; la lutte contre les passions; les mouvements les plus subtiles des passions; les étapes dans le développement des passions; la prière dans la lutte avec les pensées passionnées; comment purifier le cœur; comment garder l’ouïe et la vue; la lutte active contre les passions; au sujet du chant et de la musique; la solitude; la nécessité d’avoir un bon conseiller; la dépression et la peur; sur la lecture de livres spirituels et des livres séculiers; sur la froideur dans la prière; le vœu de renonciation au monde; le vœu de chasteté; l’aspiration à la vie monastique; les ruses de l'ennemi; les tentations venant des incroyants; l’obéissance aux parents; comment supporter les injustices et les fausses accusations; les anxiétés et les troubles de la fin; le repos après la tempête.
L’œuvre de Théophane est précédée d’une excellente introduction biographique de Bernard Le Caro, basée sur des documents authentiques, pour la plupart inédits en français.
La vie de saint Théophane est particulièrement intéressante.

Connu comme un ascète qui a vécu une longue période de réclusion volontaire (c’est-à-dire qu’il était enfermé dans sa cellule et ne communiquait que par lettres avec l’extérieur, comme ce fut aussi le cas des saints ascètes palestiniens saint Barsanuphe et saint Jean de Gaza), Théophane avait suivi tout le cursus des études théologiques et avait occupé divers postes importants comme professeur, inspecteur ou recteur dans l’enseignement supérieur religieux (Institut ecclésiastique de Kiev, Séminaire ecclésiastique de Novgorod, Séminaire ecclésiastique d’Olonetz, Académie ecclésiastique de Saint-Pétersbourg), avant de devenir évêque de Tambov puis de Vladimir, l’un des plus importants diocèses de Russie.
La détérioration de sa santé et aussi des désagréments dans la direction du diocèse lui donnèrent l’occasion de réaliser le désir qu’il avait depuis longtemps de quitter le monde pour mener la vie ascétique et surtout se consacrer pleinement à la rédaction et à la traduction d’ouvrages spirituels.
En 1866, alors qu’il était âgé de 52 ans, il se retira à l’ermitage de Vycha. C’est alors que commença la période de la vie la plus fructueuse de sa vie, qui dura presque vingt-huit ans et au cours de laquelle il vécut reclus.
Durant ses six premières années à Vycha, il reçut encore des visiteurs. Mais en 1872, il se retira complètement dans la solitude, cessant toute relation avec le monde extérieur, à l’exception de son père spirituel.
Chaque jour il se levait très tôt et, après avoir accompli sa règle de prière en cellule, il se rendait à sa chapelle, au même moment que la cloche sonnait pour l’office, et il y célébrait tous les offices du matin selon le typikon du monastère, puis la Divine Liturgie qu’il célébrait quotidiennement seul. La suite de la matinée était consacrée à ses travaux de rédaction, de traduction et d’édition. À deux heures de l’après-midi, il prenait son déjeuner, ne mangeant que ce qui était nécessaire au soutien de ses forces (les jours ordinaires où l’on ne jeûnait pas, il mangeait deux œufs, et dans les dernières années, il ne prenait souvent qu’un seul verre de lait avec du pain ; durant tous les carêmes, il suivait les règles prescrites, mais pendant le Grand Carême, il y avait des jours où il s’abstenait de toute nourriture). Après le repas, il se reposait un peu assis sur une chaise et s’occupait ensuite de travaux manuels, comme la sculpture de petits objets en bois ou encore la reliure de livres qu’il distribuait ensuite comme cadeaux. Assurant lui-même la diffusion de ses ouvrages, il préparait lui-même les paquets qu’il envoyait. En outre, il peignait des icônes. Le soir, il célébrait les vêpres dans sa chapelle et se préparait à la Liturgie du lendemain. Il ne dînait pas, mais prenait deux verres de thé à quatre heures de l’après-midi. Après avoir accompli sa règle de prière du soir, il s’étendait jusque tôt le matin. Le temps qui lui restait était consacré à la lecture de livres, de journaux et de périodiques, et à la réflexion sur ce qu’il devait écrire dans ses œuvres et ses lettres.
Dans ses dernières années, saint Théophane était parvenu à un tel degré de perfection, que les moines ayant accès à sa cellule remarquaient que la grâce divine l’avait rendu simple et innocent comme un enfant, et qu’elle émanait visiblement de lui sous la forme d’une joie, d’une paix et d’un amour débordant.
Durant la dernière année de sa vie terrestre (1893), saint Théophane s’affaiblit ; il eut des maux de tête qui le rendaient incapable d’écrire et il souffrit de fortes crampes aux jambes qui le contraignirent à rester alité. Il quitta ce monde le 6 janvier 1894, jour de la Théophanie et de la fête patronale de sa chapelle. Son corps resta six jours dans le cercueil, trois jours dans sa chapelle et trois jours dans l’église du monastère, sans manifester aucun signe de décomposition. La nouvelle de son trépas se répandit rapidement, et la foule afflua pour atteindre plusieurs dizaines de milliers de fidèles le jour de ses funérailles.
En 1988, l’évêque Théophane fut canonisé par le concile local de l’Église orthodoxe russe. Ses reliques se trouvent l’église de Notre Dame de Kazan de l’ermitage de Vycha.
Saint Théophane a mené une vie de réclusion moins par désir d’ascèse que dans le but de se consacrer pleinement à des travaux d’écriture et de traduction. Il pensait pouvoir par là accomplir un travail pastoral plus large que celui d’un évêque dans son diocèse.
Le résultat de ce choix de vie (qui ne fut pas toujours aisé pour lui) fut la production d’une œuvre immense.
Saint Théophane écrivit tout d’abord soixante ouvrages spirituels, dont : La voie vers le salut (1868-1869), L’ordre de la vie agréable à Dieu (1868-69), Lettres sur la vie spirituelle (1870-71), Pensées pour chaque jour de l’année sur les lectures ecclésiales de la parole de Dieu (1871), Qu’est-ce que la vie spirituelle et comment y disposer son cœur? (1878) Courtes pensées pour chaque jour de l’année, placées selon le nombre des mois (1882), Esquisse de la morale chrétienne (1891).
Saint Théophane écrivit aussi plusieurs commentaires de l’Ancien (en particulier des psaumes) et du Nouveau Testament (notamment de tous épîtres de saint Paul à l’exception de l’épître aux Hébreux).
En plus de ce travail d’exégèse, il déploya une intense activité de traduction de textes patristiques : les Catéchèses et Discours de S. Syméon le Nouveau Théologien (1877-1881), Le combat invisible de St Nicodème l’Hagiorite (1885-1887) dont il offrit une version révisée, et Les règles monastiques de S. Pacôme, S. Basile le Grand, S. Jean Cassien et S. Benoît (1892).
Le couronnement de son œuvre de traductionio fut l’édtion en russe de la Philocalie, en faisant d’autres choix de textes que ceux qu’avait faits S. Païssy Velitchkovsky (1722-1794) pour sa version slavonne.
À cette œuvre volumineuse vient s’ajouter une vaste correspondance: chaque jour, S. Théophane recevait entre vingt et quarante lettres et il répondait à toutes. Il a ainsi laissé environ 1500 lettres d’un grand intérêt spirituel.
Les écrits de saint Théophane sont fortement appuyés sur les œuvres des Pères, mais il apporte souvent une touche d’originalité. Conformément à son projet pastoral, son style et simple et ses ouvrages sont abordables par un large public.
Malheureusement peu d’entre eux sont traduites en français, en dehors de Pour garder la flamme (éditions L'Age d'Homme; actuellement épuisé), et des extraits divers (surtout de commentaires de l'Écriture) que l'on trouve sur le blog de Claude Lopez-Ginisty consacré à saint Théophane).
Cette publication constitue donc un événement qu’il faut saluer.


Jean-Claude Larchet

samedi 7 janvier 2017

Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ




*



La Nativité du Seigneur: 
Galates 4:4-7; Matthieu 2:1-12


Gloire à Toi, ô Seigneur! Encore une fois, nous saluons les lumineux jours attendus de la Nativité du Christ. Soyons joyeux et réjouissons-nous. Afin d'élever nos festivités à un niveau supérieur en ces jours, la Sainte Église a intentionnellement mis en place un jeûne qui les précède, un certain obstacle, de sorte que lorsque nous entrons dans la période des fêtes, nous puissions nous sentir comme libérés. 


Néanmoins, l'Église ne désire en aucune façon que nous nous adonnions à des délices purement sensuelles et à des plaisirs purement charnels. Puisque que l'Église a depuis les temps anciens appelé ces jours sviatki, ou "jours saints", ces jours-ci exigent que notre fête soit sainte, car ils sont saints. 


Afin que ceux qui se réjouissent ne puissent pas l'oublier, l'Église a placé une petite hymne sur nos lèvres pour glorifier le Christ né, chant par lequel la chair est sobre et l'âme s'élève, montrant quelles occupations sont propres à ces jours. Cette hymne dit: "Le Christ est né, glorifiez-Le", et ainsi de suite. 


Glorifiez le Christ; glorifiez-Le, de sorte que par cette glorification le cœur et l'âme exultent, et réduisent au silence toute envie de divers autres actes et occupations qui pourraient promettre certaines consolations. Glorifier le Christ ne signifie pas l'élaboration de longues hymnes de louanges au Christ. Mais si, au moment de contempler ou d'entendre parler de la naissance du Christ Sauveur, vous clamez involontairement des profondeurs de votre âme, "Gloire à Toi, ô Seigneur, que le Christ soit né!"-Cela est suffisant. Ce sera une hymne calme venant du cœur, qui atteint néanmoins les Cieux et atteint Dieu Lui-même. Répétez un peu plus clairement pour vous ce que le Seigneur a fait pour nous, et vous verrez comment cette exclamation est alors naturelle. Afin que cela soit plus facile pour nous, nous allons comparer cela à l'histoire suivante.

Un roi promit la liberté à un homme qui avait été emprisonné dans un cachot et lié avec des chaînes. Le prisonnier attend un jour, puis un autre, puis des mois et des années. Il ne voit pas l'accomplissement de la promesse, mais ne perd pas espoir, et il croit à la parole du roi. Enfin, il voit des signes que ce sera pour bientôt, son attention augmente… Il entend un bruit, quelqu'un approche avec des paroles joyeuses. Maintenant, les serrures s'ouvrent et le libérateur entre. "Gloire à Toi, ô Seigneur!" crie involontairement le prisonnier. "La fin de mon emprisonnement est arrivée, et bientôt je verrai le monde de Dieu!" Ou cette autre anecdote: Un malade est couvert de blessures et paralysé dans tous ses membres. Il a essayé tous les médicaments et  différents médecins. Son endurance est épuisée, et il est prêt à se livrer au désespoir. On lui dit: "Il y a un médecin très compétent qui guérit tout le monde de ces maladies-mêmes que vous avez. Nous lui avons demandé de venir, et il a promis de le faire." Le patient les croit, pleure dans l'espérance, et attend celui promis… Passe une heure, puis une autre, et son âme est tourmentée d'inquiétude. Enfin, le soir, quelqu'un arrive... La porte s'ouvre, et celui qui était désiré entre... "Gloire à Toi, ô Seigneur!" crie le malade.

Voici un autre exemple. Un orage plane dans le ciel, et sur la face de la terre couverte de ténèbres. Le tonnerre ébranle les fondements de la montagne et des éclairs déchirent le ciel d'un bout à l'autre. Tous sont dans la peur, comme si la fin du monde était arrivée. Quand le tonnerre passe et que le ciel s'éclaircit, tout le monde respire librement, en disant: "Gloire à Toi, ô Seigneur!"

Rapportez ces exemples à vous-mêmes, et vous verrez toute notre histoire en eux. Les nuages menaçants de la colère de Dieu étaient sur nous. Le Seigneur est venu, le pacificateur, et Il a dispersé ce nuage. Nous étions couverts de blessures des péchés et des passions; le guérisseur des âmes et des corps est venu et Il nous a guéris. Nous avons été liés par les chaînes de l'esclavage; le libérateur est venu et a ouvert nos fers. Rapportez tous ces exemples au plus près de votre cœur et assimilez-les avec vos sens, et vous ne serez pas en mesure de vous empêcher de clamer: "Gloire à Toi, ô Seigneur, que le Christ soit né!"

Je ne vais pas essayer de vous transmettre cette joie par des mots, elle est inaccessible par les mots. L'œuvre que le Seigneur Qui est né a forgée, touche chacun d'entre nous. Ceux qui entrent en communion avec Lui reçoivent de Lui la liberté, la guérison et la paix, ils possèdent tout cela et goûtent à Sa douceur. Il n'y a aucune raison de dire "réjouissez-vous" à ceux qui vivent cela en eux-mêmes, car ils ne peuvent s'empêcher de se réjouir, mais à ceux qui n'en ont pas l'expérience, pourquoi dire "réjouissez-vous"? Ils ne peuvent pas se réjouir. Peu importe combien vous dites "réjouissez-vous" à quelqu'un qui est pieds et poings liés, il ne se réjouira pas. D'où peut venir la joie de la guérison à celui qui est couvert des blessures des péchés? Comment celui qui est menacé par la foudre de l'ire de Dieu peut-il respirer librement? Vous ne pouvez lui dire: "Va vers le nouveau-né enveloppé de langes dans la crèche, et demande-Lui la délivrance par de tous les maux qui t'affligent, car cet enfant, le Christ, est le Sauveur du monde."

Je voudrais voir tout le monde se réjouir de cette joie même, et ne pas vouloir connaître toute autre joie, mais tout ce qui vient d'Israël, n'est pas IsraëlMon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter.(Isaïe 1:14)! En vérité, beaucoup de nos festivités sociales sont vraiment des abominations païennes, c'est-à-dire que certaines d'entre elles nous sont transmises directement à partir du monde païen, tandis que d'autres, si elles apparaissent plus tard dans le temps, sont pénétrées de l'esprit du paganisme. Et elles surgissent comme d'un fait exprès en grande quantité pour les fêtes de Noël et de Pâques. En se faisant prendre en elles, nous donnons au prince de ce monde, notre bourreau, l'ennemi de Dieu, une excuse pour dire à Dieu: "Qu'as-tu fait pour moi avec Ta Nativité et Ta Résurrection? Ils viennent tous à moi" Mais que les paroles du Psaume cinquante soient répétées plus souvent dans la profondeur de nos cœurs: J'ai péché contre toi seul, Et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. (Psaume 50:4). Peu importe combien vous dites à ces gens d'arrêter, ils ferment leurs oreilles et n'y prêtent pas attention; ils amènent ces beaux jours de la fête à une telle extrémité que le Seigneur est obligé de détourner les yeux de nous et de dire...

Nous sommes intéressés par l'Europe éclairée. Oui, les abominations du paganisme qui ont été chassées du monde ont d'abord été restaurées là-bas, elles nous viennent de là-bas. Après avoir respiré le poison infernal, on court comme des fous, nous oubliant nous-mêmes. Mais rappelons-nous l'année de 1812, pourquoi les Français sont-ils venus jusques à nous alors? Dieu les a envoyés pour effacer tout le mal que nous avions appris d'eux. La Russie se repentit alors, et Dieu a eu pitié d'elle. Mais maintenant il semble que nous avons oublié cette leçon. Si nous reprenions nos sens, bien sûr, rien ne se passera. Mais si nous n'arrivons pas à reprendre nos sens, qui sait? Peut-être que le Seigneur enverra à nouveau des enseignants similaires, afin qu'ils nous fassent revenir à nos sens et nous mettent sur la voie de la correction. Telle est la loi de la justice de Dieu: guérir quelqu'un du péché par la chose qui l'a incité à le commettre. Ce ne sont pas de vaines paroles, mais une question qui a été confirmé par la voix de l'Église. Sachez, vous orthodoxes, qu'on ne se moque pas de Dieu, et sachez, vous qui êtes joyeux et vous réjouissez en ces jours avec crainte. Illuminez la fête lumineuse avec des actes, des occupations, et des festivités lumineux, de sorte que tous ceux qui nous regardent diront: "Ils ont des jours saints, et non des jeux sauvages comme les fêtards injustes qui ne connaissent pas Dieu.

[*] Saint Théophane forge le mot oborotnichestvo, (du mot oborotni, qui signifie "loup-garou") ici, il se réfère à un spectacle étrange en Russie pendant les vacances de Noël qui ressemble au Halloween d'Amérique. Les jeunes gens s'habillent comme des animaux féroces, comme des loups et des ours, et font des farces. L'utilisation de ce mot implique également que cette pratique est quelque chose qui appartient à l'univers des sorcières et des sorciers.
Le Samedi
Colossiens 1:3-6; Luc 16:10-15

Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. Un cœur divisé et une pensée divisée rendent une personne inapte pour quoi que ce soit; car un homme irrésolu est instable dans toutes ses voies(Jacques 1:8). Soit il ne fait rien, ou il le fait et refait, c'est-à-dire, il construit d'une main et détruit de l'autre. 
La source d'une vie véritablement agréable à Dieu est la ferme résolution de plaire à Dieu en toutes choses. Cette résolution dirige toutes les pensées d'une personne, tous ses désirs et sentiments vers une seule chose, unissant ainsi ses [pouvoirs]intérieurs, il le rend fort de faire des actes, ce qui amène l'unité dans l'ensemble de ses activités en leur apportant un caractère unique. De tels actes sont très fructueux, parce qu'ils sont pleins de la vraie vie. D'où viennent l'inertie, l'immobilisme et l'inutilité des actes? De l'inertie intérieure et l'inertie intérieure vient de la division intérieure. Un seul but n'est pas reconnu ou établi comme loi de la vie, et les actes sont effectués au hasard. Par conséquent, un acte va dans une direction, un autre va dans une autre direction, et l'édifice de la vie n'est jamais construit.
Choisissez un objectif et consacrez-lui votre vie. Le véritable et principal objectif est indiqué par la nature divine de l'homme, c'est une communication vivante avec Dieu. Dirigez aussi vers ce but tous les principales buts personnels, scientifiques, mondains, civiques, commerciaux, officiels, et les objectifs gouvernementaux. Si tout le monde dans la société s'en tenait à ce principe, il y aurait une direction générale pour la société, et un seul esprit emplirait tout le monde.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

vendredi 6 janvier 2017

Vendredi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte



Jacques 2:1-13, Marc 10:23-32


Entendant la parole du Seigneur à propos des difficultés pour les riches à entrer dans le Royaume de Dieu, les disciples pensaient, qui peut donc être sauvé? Le Seigneur répondit à cela, aux hommes, cela est impossible, mais non à Dieu: pour Dieu avec toutes choses sont possibles.
Il n'est pas possible de renoncer à l'intérêt personnel, sans l'influence de la grâce sur le cœur, il n'est pas possible de faire face à toutes sortes de faiblesses pour les choses, ou avec tout le péché qui vit en nous et toutes ses conséquences, sans la grâce de Dieu. La grâce de Dieu est donnée, selon la foi dans le Seigneur, dans les mystères de la Sainte Eglise.
Tenez fermement à la Sainte Eglise de Dieu et à l'ensemble de ses institutions, et la puissance de Dieu, contribuant à apporter tout bien, demeurera toujours avec vous.
Mais en même temps souvenez-vous toujours que ces institutions illuminant et vivifiant, sont un moyen et non le but, c'est pourquoi vous devez passer par elles dans le seul but d'animer et de nourrir les pouvoirs de grâce qui sont cachés en vous grâce à leur influence, puis reprendre votre travail comme un homme fort, prêt à toute bonne action.
Si vous gardez ce que vous avez reçu pour vous, et que vous ne le libérez pas par de bonnes actions, vous n'aurez pas raison; comme l'on n'a pas raison si l'on fuit tout ce qui appartient à l'Eglise. Les faux zélotes de la piété rendent la structure même d'une vie pieuse objet de critiques, mais cela n'enlève pas la validité de cette structure, et ne justifie pas ceux qui se piquent de philosophie, et qui l'évitent uniquement pour ces motifs.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

jeudi 5 janvier 2017

Jeudi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte



Jacques 1:19-27; Marc 10:17-27


Quelqu'un s'est tourné vers le Seigneur avec cette question: Bon Maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle? Pourquoi cette question était-elle nécessaire? N'y avait-il pas les Écritures? La loi n'était-elle pas lue tous les samedis pour tout le monde? Il y avait tout, à la fois l'Écriture, et ses interprètes, mais dans la  société des différences d'opinion étaient entendues et elles embrouillaient tout le monde. 
Les pharisiens disaient une chose, les Sadducéens une autre, les Esséniens, leur propre version, les Samaritains la leur. En Galilée, peut-être même que les enseignements païens étaient entendus, et chacun mettait en avant sa version avec conviction.
Toute personne qui était remplie de zèle pour le salut en venait naturellement à cette question: Que dois-je faire? Que dois-je suivre, afin que mon âme ne soit pas détruite? Notre situation est maintenant très semblable à celle de ces temps-là. 
Quels enseignements sont donnés dans nos écoles, dans la société, et dans la littérature! Pour les indifférents ce n'est rien, mais ceux pour qui tous les enseignements ne sont pas les mêmes, ne peuvent que chercher une réponse à la question: "Que dois-je faire?" 
Alors, quelle est la solution? Celle que le Sauveur a donnée: croire et vivre comme Dieu l'a commandé, et ne pas écouter les gens; les laisser parler. Le discours des scientifiques est comme les rumeurs et comme la mode: aujourd'hui, ils disent une chose, demain une autre. Mais vous devez tenir compte du fait que la parole de Dieu, demeure dans les siècles. 
Ce que le Seigneur a commandé aucune philosophie ne peut le révoquer. Tout doit être fait, et ne peut pas être repoussé. Le jugement sera fait selon la Parole du Seigneur, et non pas selon notre philosophie.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

mercredi 4 janvier 2017

Mercredi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte



Jacques 1:1-8, Marc 10:11-16


Avec quel amour le Seigneur traitait les enfants! Qui ne les traite pas avec l'amour? Plus on vit, plus on aime les enfants. En eux est manifestée la fraîcheur de la vie, la propreté et la pureté de disposition, qui ne peut qu'être aimé. En regardant l'innocence de l'enfance, certains supposent qu'il n'y a pas de péché originel, que chaque personne tombe quand elle prend de l'âge et rencontre des pulsions immorales, qu'il lui semble ne pas avoir la force de vaincre. 

Tout le monde tombe, mais le péché originel est néanmoins présent. L'apôtre Paul voit en nous la loi du péché, qui combat contre la loi de l'esprit. Cette loi, comme une graine, d'abord est comme invisible, mais elle est ensuite révélée et elle séduit. Ceux qui sont nés de lépreux ne manifeste pas la lèpre jusques à un certain âge, mais alors elle se révèle, et commence à les consommer comme elle l'a fait pour leurs parents. Où était la lèpre avant cette date? Elle se cachait à l'intérieur. 

C'est le cas du péché originel qui se cache jusques au temps, et il sort ensuite et fait son œuvre. L'environnement signifie beaucoup pour à la fois supprimer ce péché et le révéler. S'il n'y avait pas d'éléments de péché tout autour, il n'y aurait rien pour alimenter ce péché caché, et il pourrait se tarir de lui-même. Mais là est notre affliction: tout autour il y a beaucoup d'aliment favorable pour lui. Il y a beaucoup de péché en chaque personne ainsi que dans la société, mais tout cela ne détermine pas nécessairement que nous pècherons. Le péché est toujours une question de liberté: luttez et vous ne tomberez pas. Seul celui qui ne veut pas se battre tombe. Pourquoi n'avons-nous pas envie de lutter? Il n'existe aucunes règles concernant le désir et le manque de désir: je le veux, parce que je veux, et je ne veux pas, parce que je ne veux pas. L'autonomie est le principe original: on ne peut pas aller au-delà.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010

mardi 3 janvier 2017

Mardi de la Vingt-Neuvième Semaine après la Pentecôte


Hébreux 12:25-26, 13:22-25, Marc 10:2-12


Ce que Dieu a uni, que nul homme ne le sépare. Par ces paroles, le Seigneur affirme l'intégrité du mariage, un seul motif légal de divorce est indiqué, l'infidélité d'un conjoint. 

Mais que doit-on faire si on découvre une telle chose? Etre patient. Nous avons un commandement universel à porter les fardeaux les uns des autres; d'autant plus volontiers devraient le faire les conjoints, et l'accomplir avec respect d'un commun accord. Le refus d'être patient entraîne quelques désagréments hors de proportion, et les bagatelles s'entassent dans un mur de séparation. Pourquoi l'esprit nous a-t-il été donné? Pour aplanir le chemin de la vie. La sagesse trouvera une solution aux désagréments que l'on rencontre. En raison du manque de sagesse terrestre, cela ne fonctionne pas; encore plus en raison d'une réticence à réfléchir correctement à l'état des choses, et plus encore du fait de ne pas avoir de but autre dans la vie que le plaisir. 

Les plaisirs cessent, la satisfaction des uns avec les autres cesse; cela continue jusques au divorce. Plus les objectifs de la vie sont dépréciés, plus les divorces deviennent fréquents, d'une part, et d'autre part plus augmente la cohabitation temporaire illégale. La source de ce mal réside dans les vues matérialistes du monde et de la vie.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
St. Theophan the Recluse
Thoughts for each Day of the Year
St. Herman of Alaska,
Platina, CA
USA,
2010