"Dans la confusion de notre époque,quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie,
il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères..."
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 13 décembre 2010

La hâte dans la prière (Lettre 71) selon saint Théophane le Reclus



St. Theophan the Recluse



Je suppose que vous vous êtes précipité avec négligence pour  compléter votre règle de  prière, juste pour vous en débarrasser. Faites-vous une règle, à partir de maintenant, de ne jamais prier avec négligence. Rien n'est plus offensant pour Dieu que cela. Il est préférable de laisser une partie de votre règle de la prière et d'accomplir le reste avec respect et avec crainte de Dieu, que de faire la règle de la prière, et de le faire avec négligence. Il est même préférable de lire, une seule prière, ou de vous mettre à genoux et de prier avec vos propres mots, que de prier avec négligence. Si vous priez négligemment, il n'y aura pas de fruits.




Blâmez-vous sérieusement pour une telle négligence. Que cela soit clair pour vous: quiconque  prie avec ferveur et avec attention ne termine la prière sans sentir l'effet de la prière. Oh, de quelle bénédiction on se prive en se permettant la négligence dans la prière!



Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
Orthodox Life
July-August 1982



samedi 4 décembre 2010

Commentaire 74


I Timothée 4:4-8, 16; Luc 16:15-18, 17:1-4


Il est impossible qu'il n'arrive pas des scandales; mais malheur à celui par qui ils arrivent! Par conséquent, on ne peut vivre désinvolte, sans retenue. Il faut regarder autour de soi afin de ne tenter personne. L'esprit est arrogant et ne regarde personne, mais il suscite des tentations partout par l'acte, et même plus, par la parole. 

La tentation augmente et amplifie le malheur du tentateur, mais il ne sent pas cela et même il élargit encore ses tentations. Il est bon que la menace de Dieu en retour pour la tentation, sur la terre, ne soit presque jamais accomplie dans l'espoir de la correction [à venir], elle est remise jusques au jugement futur et à la rétribution; alors seulement, les tentateurs sentiront combien est grand le mal de la tentation. Ici, presque personne ne pense à savoir s'il tente ou ne tente pas ceux qui sont autour de lui par ses actes et ses paroles. 

Deux péchés qui sont très importants aux yeux de Dieu ne sont pas considérés comme importants par les gens: la tentation et la condamnation. Le tentateur, selon la parole du Seigneur, il vaudrait mieux qu'il ne soit pas en vie; celui qui condamne est déjà condamné. Mais ni les uns ni les autres n'y pensent et ils ne peuvent même pas dire s'ils pèchent de quelque manière ainsi. Quel aveuglement, en effet, nous entoure et comme nous marchons négligemment au sein de la mort!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 5 novembre 2010

Saint Théophane le Reclus: La vie Chrétienne



Nous devons clarifier ce point: quand et comment la vie chrétienne commence-t-elle vraiment en nous, afin de voir si nous avons en nous-mêmes le début de cette vie. Si nous ne l'avons pas, nous devons apprendre à commencer à vivre une vie chrétienne, dans la mesure où cela dépend de nous.

Si l'on se dit chrétien et que l'on appartient à l'Eglise du Christ, ce n'est pas encore un signe décisif de la vraie vie en Christ.Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. (Mt 7:21). Et tous ceux qui descendent d'Israël ne sont pas Israël (Romains 9:6). On peut être compté comme chrétien et ne pas être un chrétien. Ceci, tout le monde le sait.
La vie chrétienne commence avec l'ardeur du zèle.

Version française ClaudeLopez-Ginisty
d'après
The Path of Salvation
(La Voie du Salut)
St. Herman of Alaska Borotherhood
Etna, California, USA

samedi 9 octobre 2010

Comment assister aux Offices


Ne soyez pas tentés de vous laisser aller à ne pas venir à l'église au début de l'office, ou de partir avant qu'il ne soit fini. Rappelez-vous que chaque office est une unité complète et qu'il ne peut fournir ses bienfaits pleinement que dans son intégralité. Tout comme la nourriture n'est savoureuse que si elle est complètement assaisonnée, de même l'office ne peut satisfaire pleinement le goût spirituel que quand il est entendu dans son intégralité. Ainsi, celui qui manque le début, ou ne reste pas jusques à la fin, oeuvre certes, mais il se prive du fruit de son travail, il crée d'une main et détruit de l'autre.

En outre, il faut aller à l'église sans être distrait. Car, il est toujours possible que l'on puisse aller à l'église d'une manière qui n'est pas  digne de louange, mais plutôt de  condamnation, c'est-à-dire, que l'on y va, et que l'on n'en reçoit aucun bénéfice spirituel. 

En approchant de l'église, on doit laisser de côté tout le soin et le souci de ses affaires sur le seuil, pour entrer avec un esprit serein. Entrant dans l'église, on doit se revêtir de révérence comme d'un vêtement, se souvenant de Ceux vers Qui nous venons et à Qui nous avons l'intention d'adresser nos prières. Après avoir gagné notre place dans l'église (au même endroit à chaque fois, c'est l'idéal), on doit rassembler ses pensées et  se tenir mentalement devant la Face du Dieu omniprésent, en Lui offrant un culte respectueux de corps et d'esprit, avec un coeur contrit, dans une humble vénération. 

Après cela, vous devez suivre, sans pensées errantes, tout ce qui se passe - ce qui est chanté et lu dans l'église - tout jusques à la fin de l'office. C'est tout! De cette façon, nous ne vous ennuierons pas à l'église, regardant çà et là et commençant des conversations, et nous ne serons pas là, à souhaiter que l'office soit bientôt fini. Au lieu de cela, en passant d'un sentiment de prière à l'autre et d'une pensée respectueuse à l'autre, nous serons semblables à ceux qui, dans un jardin parfumé, se déplacent d'un groupe de fleurs à l'autre.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 25 septembre 2010

Commentaire 11



Ephésiens 1:7-17, Marc 8:1-10


Après avoir rassasié quatre mille personnes avec sept pains, le Seigneur est monté aussitôt dans une barque, et Il est entré dans les parties de Dalmanutha comme si rien de particulier n'avait été fait. Tel est la véritable manière de faire continuellement du bien, d’en faire continuellement sans prêter attention à ce qui a été fait, et en oubliant toujours ce qui s'est passé, pour tendre vers ce qui est à venir. Cela vient naturellement pour ceux qui sont remplis de bonté.

Tout comme un homme fort soulève des poids lourds sans s'en apercevoir alors qu’un homme faible qui a levé un petit poids n'arrive pas à l'oublier, de même celui qui est fort en bonté, fait tout le bien sans effort, chaque fois que l'occasion se présente, tandis que celui qui est pauvre en bonté ne peut pas le faire sans effort.

Il se souvient du bien, et il ne cesse de s’en souvenir et de le considérer.Un bon cœur aspire à faire le bien, et il n'est pas satisfait tant qu'il n'a pas fait du bien en abondance, comme un homme n'est pas satisfait tant qu'il n'a pas mangé à sa faim.

Alors que la faim se fait sentir, on se souvient du dîner, mais quand la faim est satisfaite, tout est oublié: ainsi avec une personne vraiment bonne, une bonne action vient à l’esprit alors qu'elle n'est pas encore faite, mais une fois qu’elle est faite, elle est oubliée.


Corinthiens I. 10:23-28; Matt. 24:34-44


Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. Faire preuve de vigilance ne veut pas dire s'asseoir les bras croisés, mais plutôt de garder à l'esprit que le Seigneur viendra soudain, et de se comporter et de conduire vos affaires de façon à être prêt à le rencontrer à tout instant, en ne craignant pas l'opprobre et la condamnation.

Comment peut-on faire cela? Très simplement. Cheminez selon les Commandements, n’en enfreignez pas un seul, et s'il arrive que vous le fassiez pour l’un d’entre eux, prurifiez-vous immédiatement par le repentir et par son accomplissements. Alors, tout en vous sera pur.

Et ne laissez pas le péché dans votre âme une seule minute; repentez-vous immédiatement, pleurez dans votre cœur et courrez vers votre père spirituel pour vous confesser et recevoir l'absolution, et puis de nouveau agissez selon les Commandements de Dieu.

Si vous commencez avec zèle à être bon dans la vie, vous allez bientôt devenir bon, il suffit de ne pas rester longtemps dans la chute (du péché). Les chutes, dans ce cas seront de plus en plus rares, et finiront par cesser complètement, avec l'aide de la grâce de Dieu qui guérit tout. Ensuite, habitera en vous l'assurance de la joie que vous ne rencontrerez pas le Seigneur sans y être préparés.




Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 15 septembre 2010

Commentaire 2



Galates 2:11-16 & Marc 5:24-34


La femme hémoroïsse n'eut qu'à toucher le Seigneur avec foi, et une puissance sortit du Seigneur et vint en elle: aussitôt la fontaine de son sang fut tarie. L'écoulement du sang est une image des pensées et des intentions passionnées, sans cesse jaillissant du cœur, s'il n'a pas encore été nettoyé de toute sympathie pour le péché, c'est notre maladie du péché. Elle est captée par ceux qui se sont repentis et avec zèle s'efforcent de se maintenir purs, non seulement extérieurement, mais intérieurement également. Ces gens-là voient que les mauvaises pensées viennent sans cesse du cœur, et ils s'en chagrinent et cherchent la guérison. Mais il n'est pas possible de trouver la guérison, en soi-même ou chez d'autres, elle vient du Seigneur, ou plus précisément, elle vient quand l'âme touche le Seigneur et que la puissance sort du Seigneur et entre dans l'âme. En d'autres termes, elle arrive lorsqu'un contact tangible avec le Seigneur se produit, ce dont témoignent une chaleur particulière et une ardeur intérieure. Quand cela arrive, dis-je, l'âme sent immédiatement qu'elle a "été guérie de son mal." C'est un grand bien, mais comment peut-il être atteint? La femme hémoroïsse se précipita vers le Seigneur et reçut la guérison: nous aussi nous devons nous précipiter vers le Seigneur, aller sans paresse par la voie étroite des efforts spirituels intérieurs et extérieurs. Tout est étroit et contraignant pour ceux qui vont en ce sens, et le Seigneur n'est pas en vue. Mais soudain voici le Seigneur. Et la joie! Le Royaume de Dieu ne vient pas sensiblement...

Galates 2:21-3-7; Marc 6:1-7

D'où cet homme tient-il ces choses? et quelle est cette sagesse qui lui est donnée? Ainsi parlait le peuple de Nazareth à propos du Seigneur, après avoir connu son ancienne modeste. La même chose arrive avec tous ceux qui suivent véritablement le Seigneur. Celui qui s'en tient strictement à la Voie du Seigneur change complètement une fois qu'il a travaillé à surmonter tout ce qui n'est pas juste en lui-même. Sa constitution toute entière, son regard, sa démarche, sa parole et son comportement portent tous la marque d'harmonie et de dignité particulière, bien qu'il puisse provenir d'un milieu humble, et qu'il n'ait pas d'éducation. On entend alors, "D'où cet homme tient-il ces choses?" Si les choses qui sont visibles et corporelles sont tellement transformées, que peut-il être dit des choses intérieures, de l'âme, elles qui sont plus directement et étroitement soumises à l'action de grâce transformatrice, et dont les choses extérieures ne sont que l'expression et la conséquence? Comment lumineuses, précises et déterminées sont ses pensées à propos de tout! Comme il est vrai son jugement sur ce qui existe et se produit! Son point de vue sur tout, est supérieur à celui des philosophes! Et ses intentions, ses actions et ses entreprises? Tout est pur, saint, reflétant la luminosité céleste. En vérité, il s'agit d'une nouvelle personne! Il n'a pas reçu d'éducation, n'a pas entendu des conférences dans les universités, et n'a pas eu  du tout d'éducation illustre, et pourtant il est le plus sage et il a de très bonnes manières. L'écoute envers soi-même, le travail sur soi-même, la prière et s'approcher de Dieu, remodèle toutes choses par la grâce de Dieu, et personne n'a vu comment cela arrive. C'est pourquoi la question se pose, "D'où cet homme tient-il ces choses?"

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://days.pravoslavie.ru/en/Days/20100902.htm